Lectures

Mes lectures du mois de février 2019

Bon, j’essaye de balancer mes recommandations de lecture assez régulièrement sur Twitter ou Instagram, mais la vérité c’est que j’oublie les 3/4 du temps, donc je vais essayer autrement — sachez par ailleurs que vous pouvez aussi me suivre sur Goodreads pour me voir avaler des bouquins en temps réel (ou presque).

Voici donc un petit récapitulatif rapide de ce que j’ai lu ce mois-ci. Ne vous attendez pas à des critiques littéraires de haute volée, c’est pas mon domaine, et en plus vous devriez savoir depuis le temps que j’ai la flemme. Autre truc relou, vu que c’est moi : je lis principalement en anglais, donc il y a de grandes chances pour que les personnes qui ne sont pas dans le même cas se retrouvent assez vite exclues de mes recommandations, et je m’en excuse par avance. Mais au moins ça vous met l’eau à la bouche pour quand ce sera traduit, si ça l’est un jour ! Nan ? Je sais pas, j’essaye de trouver un point positif.

Allez, passons à la revue du mois de février 2019. (vous réalisez qu’on est en DEUX MILLE DIX-NEUF vous ? moi trop pas).

1. Le Mur Invisible, de Marlen Haushofer

Oui, moi aussi, comme des centaines (milliers ?) d’autres personnes, j’ai suivi Maureen dans la découverte de ce roman dont je n’avais absolument jamais entendu parler. En ce moment je suis plutôt branchée thrillers, horreur et YA (à tendance horreur/thriller, pour faire original), donc quand j’ai commencé à voir l’engouement autour de ce livre qui se déroule entièrement dans une baraque perdue au fond d’une forêt, je me suis dit eeeeeh, ça peut être ma came.

Il se trouve qu’en fait pas du tout, mais en même temps si, complètement. C’est pas clair ? Je développe : ce n’est pas un thriller, ni de l’horreur. C’est l’histoire d’une femme qui se retrouve seule dans une petite maison dans la forêt après qu’un mur invisible soit apparu du jour au lendemain, la coupant du reste du monde. Il y a donc un petit élément fantastique, mais en dehors de ça, on est assez loin des récits qui me font frissonner et rallumer la lumière la nuit.

Ce roman, c’est un peu comme regarder une version rurale de ses Sims qui s’activent sans qu’on intervienne dans leurs actions. C’est une femme qui vit seule dans la forêt, donc, et qui doit survivre. Manger, dormir, cuisiner, s’occuper des animaux qui l’accompagnent, cultiver des patates, couper du bois, et… c’est à peu près tout. C’est un livre contemplatif, méditatif, dans lequel il ne se passe pas grand chose et teeeeeellement de choses à la fois. C’est à la première personne, et je vous assure qu’on est là, avec elle, qu’on ressent ses douleurs, ses muscles tendus par l’effort, ses ampoules aux pieds, le froid de l’hiver, tout est vécu avec cette narratrice qui reste vivante et active malgré tout, malgré l’inconnu, malgré l’isolation, malgré les différents malheurs qui lui tombent sur la gueule (oui parce qu’il s’en passe des choses dans cette forêt quand même, en dehors de la routine agricole).

J’étais assez persuadée que le livre allait me tomber des mains, mais ça a été l’inverse. J’ai pris un pied monstrueux à me lover sous ma couette en sa compagnie tous les soirs pour retrouver la routine d’une autre, à l’heure où la mienne vivait ses derniers instants. Ça m’a apaisée, émue, transcendée, inspirée, fait sourire, pleurer, soupirer, bref, j’ai beaucoup de mal à expliquer à quel point ce mélange de rien et de tout a réussi à percer ma carapace de lectrice. Donc merci Maureen, et merci Marlen.

2. Sadie, de Courtney Summers

Avec Sadie, on mélange trois de mes passions : les romans-mystères du rayon YA, les podcasts type Serial, et le true crime.

Le roman est en partie raconté par West McCray, un journaliste qui se retrouve à enquêter sur la disparition d’une adolescente dans une ville paumée du fin fond des États-Unis — il paraît que la version audiobook est à écouter, justement pour vivre l’expérience de façon encore plus immersive et de croire encore plus à cette histoire.

Cette adolescente, c’est Sadie. Sa disparition fait suite au meurtre tragique de sa petite soeur, Mattie, qui n’est que le dernier coup dur dans une vie faite de tartes dans la gueule — mère toxico, pas de thunes, coincées à trois dans un mobile home tout poucrave, avec des hommes qui vont et viennent dans la vie de leur mère qui, évidemment, a souvent des goûts douteux en la matière. Pour aller jusqu’au bout dans sa démarche de mère démissionnaire, elle finit par carrément abandonner ses deux filles, laissant Sadie avec la responsabilité d’élever sa petite soeur. Un bon départ dans la vie, en somme. Mais quand Mattie est sauvagement assassinée, Sadie disparaît, bien décidée à retrouver le coupable et à lui faire payer pour son crime.

La narration alterne donc entre le point de vue de Sadie et celui du journaliste West McCray, qui s’est retrouvé là un peu par hasard lorsque la seule connaissance bienveillante de l’entourage de Sadie et Mattie le supplie de l’aider à retrouver l’adolescente. Évidemment, c’est plein de twists, de mystères et de révélations, et ça met en colère contre la vie (et plus principalement les hommes, sans surprise). Mais c’était pas mal, ne serait-ce que pour le format. La double-narration a tendance à me saouler (parce que je suis un peu gogole et que j’oublie souvent qui parle selon les chapitres et après je mélange tout et faut que je relise), mais la différence de format dans ce cas précis rend la chose beaucoup plus fluide et limpide pour les esprits limités dans mon genre.

3. Two Can Keep a Secret, de Karen McManus

Bon alors déjà j’ai du relire le résumé en entier pour me rappeler de l’intrigue, ce qui n’est pas forcément bon signe mais qui s’explique aussi par ma capacité d’attention limitée.

Dans Two Can Keep a Secret (qui m’a foutu le générique de Pretty Little Liars dans la tête pendant une semaine), deux frères et soeurs sont forcés de quitter leur ville natale pour aller entamer leur dernière année de lycée dans une petite ville de la côte est des États-Unis, chez leur grand-mère qu’ils connaissent à peine. Tout ça parce que leur mère, une actrice en galère abonnée aux petits rôles qui payent peu, a légèrement abusé sur les substances illicites et à planté sa voiture dans le décor. Pendant qu’elle purge sa peine dans un centre de désintoxication, la garde de ses enfants est donc confiée à sa propre mère avec qui elle a gardé un contact assez limité.

Et évidemment, la petite ville d’Echo Ridge regorge de secrets et compte au moins deux disparitions de jeunes lycéennes dans son histoire — le premier ayant bien évidemment visé… la soeur jumelle de la mère de nos deux protagonistes. Et il semblerait, à en croire les signes semés dans la ville par une mystérieuse personne, que quelqu’un soit sur le point de remettre ça une troisième fois. Quelle sera la prochaine victime ? Qui est le coupable ? Est-il responsable de tous les meurtres ? Qu’est-il arrivé aux disparues ? Qu’adviendra-t-il de nos deux héros, qui tentent tant bien que mal de s’intégrer dans tout ce bordel ? Mystère et boule de gomme, comme dirait ma mère.

Un petit thriller YA divertissant mais pas transcendant, qui a au moins le mérite de faire le taff en terme de diversité dans les personnages et de mettre quelques couches de twists et de mystères pour satisfaire ceux qui en veulent toujours plus et qui adorent pousser des cris de surprise sous leur couette en lisant des révélations folles (genre moi quoi).

4. Friends Like These, de Sarah Alderson

Ah, les petits thrillers domestiques avec des narratrices pleines de défauts, de complexes et de démons intérieurs, ma grande passion.

Dans Friends Like These, on suit l’évolution de Lizzie, comptable dans une grande agence artistique et qui est particulièrement agacée par l’existence de sa collègue Becca, qui semble avoir tout pour elle. Elle est jeune, belle, mince, a le mec parfait, passe les vacances parfaites, est toujours sapée en marques de luxe de la tête aux pieds et a évolué dans l’agence à la vitesse de l’éclair pour s’offrir un des meilleurs postes en un rien de temps. C’est la meuf qui te fait grincer des dents sur Instagram quand t’es en jogging dans ton canapé et que tu te cures les orteils, celle qui te fait oublier toutes tes convictions féministes l’espace d’un instant et qui te rappelle à tes bas instincts, entre compétition et comparaison maladive, malsaine et pas constructive pour un sou.

Mais un jour, Becca est victime d’un terrible accident. Lors d’une fête au boulot, elle tombe des escalier et s’éclatent la gueule par terre. Du jour au lendemain, elle disparaît de l’agence. Elle a survécu, non sans séquelles, mais plus personne n’a jamais entendu parler d’elle après ce terrible incident. De son côté, Lizzie a entamé une transformation radicale — régime drastique, chirurgie esthétique, relooking, teinture, la totale. Elle est passée de « la meuf bof de la compta » à un genre de Becca (sans la vie extraordinaire qui va avec, mais au moins elle a l’apparence, et comme on le sait, c’est tout ce qui compte). Et un jour, elle tombe sur le profil de l’ex de Becca sur Tinder et décide, sur un coup de tête, de swiper du bon côté et de tenter de se le taper à la cool.

Mais tout ça fait remonter des souvenirs de Becca, et comme toute personne équilibrée qui se respecte, elle se lance dans un plongeon en apnée dans les méandres d’internet pour stalker l’ancienne bombasse après s’être enfilée une bouteille de vin. Et là, tout bascule. Et quand je dis que tout bascule, c’est que tout part en TÉTRA-COUILLES. Parce que cette nouille de Lizzie, après avoir enfin débusqué Becca et découvert sa nouvelle vie, s’empresse, toujours bien imbibée de vinasse, d’envoyer un message à sa BFF pour se foutre de la gueule de l’ancienne employée sans oublier d’ajouter le scoop sur le date Tinder avec l’ex-parfait en question………. sauf que c’est à Becca qu’elle envoie le message, erreur de débutante (ivre). Et Becca, elle aime bof-bof qu’on se foute de sa gueule et qu’on essaye de tripoter son ex. Et ça, elle a bien l’intention de le faire comprendre à Lizzie.

Bref, c’est le bordel, mais j’ai été bien happée, bien accrochée, et j’ai dévoré chaque chapitre voracement en attendant enfin le dénouement qui m’a un peu laissée comme une truite lâchée sur une berge, mais ça je vous en dirai pas plus.

5. This Lie Will Kill You, de Chelsea Pitcher

Bon, pour celui là je vais essayer de vous la faire courte parce que ça m’a pas franchement transportée. Le résumé parlait d’un mélange entre Cluedo et Riverdale, donc autant vous dire que j’étais giga saucée, mais finalement… meh.

Il y a un an, des lycéens ont fait la teuf. Au cours de cette teuf, un mec est mort. Un an plus tard, quelqu’un doit payer pour cette mort. Cinq adolescents se retrouvent donc invités à une Murder Party — à la clé, une bourse d’études qui pourrait s’avérer bien utile à chacun d’eux, histoire de quitter cette petite ville pourrie et commencer leur nouvelle vie ailleurs, sans craindre l’endettement parce que l’Amériqueuh, l’Amériqueuh, si tu veux étudier ou faire une chimio, tu peux toujours courir ♫ . Jusque là, ok. Sauf que cette Murder Party eh ben c’est une… attentioooon… vous l’avez, je sais que vous l’avez… oui, une MURDER. PARTY. C’est un piège quoi. Et y a kunkun, on sait pas qui c’est, qui veut les faire payer parce que cette personne estime que tous sont responsables de la mort du gars du début là, à leur échelle.

Voilà donc cinq ados coincés dans une baraque avec des secrets qui jaillissent en veux-tu en voilà que tu les vois accourir à 50km comme un enfant qui essaye de faire le ninja avec ses gros pieds là, tu fais comme si t’avais rien vu pour lui faire plaisir et tu joues la surprise quand il te tombe dessus. Ça se lit. Ce sera mon résumé. Parce que tant qu’on continuera à enfermer des ados dans des maisons avec des psychopathes, moi je continuerai à lire/regarder, c’est aussi simple que ça.

6. Circe, de Madeline Miller

Là par contre on va arrêter les blagues deux secondes parce que c’est très sérieux : j’ai TELLEMENT aimé ce putain de roman que je pourrais l’épouser alors que j’ai pas du tout envie de ma marier à la base.

Ce roman est une réinterprétation du mythe de la sorcière Circé, l’une des nombreuses figures de la mythologie grecque que l’on retrouve notamment dans L’Odyssée d’Homère (enfin c’est celle d’Ulysse mais racontée par Homère, t’as compris c’est bon). On suit Circé de ses premières années de vie dans le royaume de son père, Hélios, à son exil sur la fameuse île d’Aiaia, avec toutes ses péripéties entre les deux et c’est un peu comme Le Mur Invisible version mythologie grecque avec plus d’action. C’est à dire qu’on suit le monologue intérieur d’une femme qui n’était pas tout à fait partie pour s’en sortir et qui petit à petit apprend à faire avec les cartes que la vie lui a distribué et se découvre une force, des talents, du caractère et bordel qu’est-ce que c’est bien écrit.

C’est beau, c’est poétique, c’est tendre, c’est cruel, c’est tout à la fois, et c’est surtout extraordinairement moderne — ce qui est agréable pour s’identifier mais un peu déprimant quand tu te dis « ah oui ça fait quelques millénaires qu’on en chie quand même c’est un peu nul comme bilan ».

Si vous aimez la mythologie grecque, comme environ 80% des gens de notre génération, vous trouverez votre bonheur dans ce récit qui croise l’histoire de Circé à celle de tous les grands personnages que l’on connait — des titans aux dieux de l’Olympe en passant par Prométhée, Dédale, le Minotaure, Achille, Ulysse évidemment, mais tout un tas d’autres (et notamment les grands monstres et leurs origines…). Ceux qu’elle ne croise pas elle-même, elle en entend parler, et elle nous rapporte tout et nous guide dans ce monde étrange qu’est la Grèce Antique vue à travers les yeux d’une déesse-sorcière exilée et mal aimée.

Madeline Miller prend finalement très peu de libertés avec les récits, on sent qu’elle connait son sujet, mais elle fabule suffisamment pour que ça ne sente pas le réchauffé et qu’on puisse réellement s’approprier nous aussi l’histoire de Circé et la suivre avec toute l’empathie qu’elle mérite. Je suis folle folle folle amoureuse de cette histoire, même si elle m’a volé des heures de sommeil précieuses.

7. No Exit, de Taylor Adams

Et malheureusement on va finir sur une note vachement moins enjouée, mais j’ai choisi de vous lister ça chronologiquement donc j’ai pas trop le choix.

No Exit commençait super bien : cinq inconnus se retrouvent coincés dans une station service en plein milieu d’une tempête de neige et doivent attendre l’arrivée des chasse-neiges à l’aube avant de pouvoir reprendre la route. Jusque là, ça va, on est pile dans les trucs que j’aime bien comme vous commencez peut-être à le comprendre. Mais alors qu’elle tente désespérément de capter un signal (ah oui parce que mdr : évidemment Y A PAS DE RÉSEAU) à l’extérieur, notre héroïne, la jeune Darby, voit un truc qu’elle n’aurait pas du voir. À l’arrière d’une camionnette, une petite fille est enfermée dans une cage pour chien. Cette camionnette appartient à l’une des quatre autres personnes qui se trouvent dans la station service, mais elle ne sait pas encore laquelle.

S’en suit une longue nuit de merde, à tenter de sauver la petite, de démasquer la personne responsable de cet enlèvement, et à survivre globalement à tout ce qui lui tombe sur la gueule au fur et à mesure que la nuit avance. C’était assez haletant, bien rythmé, mais BORDEL qu’est-ce que ça se répète. J’avais vraiment l’impression que l’auteur était derrière moi à me répéter dans l’oreille « t’as compris ça ? t’as bien lu ? t’as retenu le nom ? c’est important retiens hein ça va revenir !!!!! » six fois d’affilée avant que l’information finisse ENFIN par servir à quelque chose. Et ça arrive sur plusieurs détails, et ok je suis pas Sherlock Holmes mais je suis pas COMPLÈTEMENT teubée non plus donc laisse-moi une chance d’enregistrer les bonnes infos par moi-même ou au pire d’être complètement sur le cul, nan ?

Donc ouais, prévisible à cause d’une narration un peu foireuse par moments, mais en dehors de ça j’ai trouvé le panel de personnages assez intéressant, y a des bonnes astuces, des bons petits moments d’action, ça se lit en une journée ou deux donc c’est vraiment du thriller de gare mais c’est pile poil ce qu’il me fallait pour passer à autre chose après mon épopée aux côtés de Circé. Il me fallait un truc plus concon pour faire la transition et ça a bien fait le taff (et là aussi j’avoue j’ai eu du mal à le lâcher la nuit, donc c’est que c’était efficace malgré ses défauts).

Et voilà pour mon mois de février, on se voit début avril pour le récap de mars si j’arrive à tenir mes engagements pour une fois dans ma vie. Ah, et n’oubliez pas de me faire signe si vous lisez/avez lu un de ces livres dans les commentaires pour me faire part de vos impressions, évidemment.

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