C’est pas moi, c’est mes genoux.

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En général, quand on me demande de raconter ma plus grande peur, le moment qui a changé ma vie, le meilleur repas que j’ai dégusté ou encore le concert le plus fou auquel j’ai assisté, je suis incapable de répondre. En revanche, quand on me demande quel a été mon plus gros fou rire, je peux l’identifier sans hésiter une seule seconde.

Il se déroule en deux parties, une quand j’avais 8 ans, et une quand j’avais 20 ans.

Tout a commencé dans le salon de ma meilleure amie Clara, quand on était quelque part entre le CE2 et le CM1. On était dans sa chambre, en train d’écouter une cassette audio qui racontait les aventures d’Asterix et Obélix quand ils étaient petits, et, le plus important, comment Obélix était tombé dans la marmite de potion magique.

Quand vient le moment pivot du récit, on écoute donc le narrateur nous expliquer que les deux petits gaulois tentent de se faufiler dans la maison de Panoramix sans se faire griller, sur la pointe des pieds, tout doucement… jusqu’à ce qu’Astérix, qui ne cesse d’entendre d’étranges claquements, se retrouve forcé de se retourner vers son camarade pour lui asséner un « Chhhuuuuut ! » agacé. Ce à quoi le pauvre Obélix répond : « C’est pas moi, c’est mes genoux !«  (qui claquent de trouille, donc)

En entendant ça, on s’est mises à s’esclaffer comme des hyènes, incapables de s’arrêter, répétant entre deux éclats de rire « C’EST PAS MOI, C’EST MES GENOUX !!! » comme si c’était la meilleure blague qu’on avait jamais entendue.

Vient ensuite la deuxième partie, plus importante.

J’ai 20 ans, je cohabite avec mon meilleur ami Jérémy dans ma chambre de 10m2 chez ma mère en attendant qu’on trouve un appartement pour entamer la coloc de nos rêves (on a jamais réussi, mais c’est une autre histoire). Un soir, après avoir abusé de substances illicites, on se met à enchaîner les fous rires et à raconter à peu près n’importe quoi.

Me vient alors l’idée de lui raconter la fameuse histoire de « mon plus grand fou rire », dont il n’a entendu la fin qu’une bonne heure et demie après mon introduction.

À chaque fois que j’essayais de lui lâcher la punchline de l’enfer, je repartais de plus belle jusqu’à ne plus pouvoir respirer. Ça donnait donc « Et là, Obélix y dit : c’est pas mmmmmAAHAHAHAHAHAHAAAAAA », avant de tomber à la renverse et de m’étouffer à moitié sur ma propre salive. Voyant ça, et bien aidé par ce qu’on avait fumé auparavant, Jérémy me suivait dans mes fous rires, rendus plus puissants encore par le fait qu’il ne savait pas du tout à quoi il riait, à part le fait que je n’arrivais pas à finir cette putain d’histoire.

90 minutes plus tard, je finis donc par réussir à tenir assez longtemps pour hurler « ET LÀ IL DIT : C’EST PAS MOI, C’EST MES GENOUX !!!! »

C’en est suivi un blanc d’une bonne dizaine de secondes, pendant laquelle on a tous les deux réalisé qu’en fait, c’était pas du tout marrant comme vanne. C’est ce qu’il s’est empressé de souligner, en hurlant à son tour « MAIS C’EST SUPER PAS MARRANT ! » – et ça a suffi à nous faire repartir de plus belle dans un fou rire qui a bien failli nous tuer tant on peinait à respirer.

Voilà, c’était mon souvenir. Aujourd’hui encore, j’ai toujours un peu de mal à me contenir quand je la raconte aux gens, qui ont toujours la même réaction : « ...Mais c’est tellement pas drôle ! » (ce qui me fait encore plus marrer).

Et vous, vous vous souvenez de votre plus gros fou rire ?

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16 réflexions sur “C’est pas moi, c’est mes genoux.

  1. C’était en Angleterre avec mes BFF, on était en 3eme dans une famille d’accueil. Un soir dans notre chambre on se racontait des conneries et on riait pour rien jusqu’à ce que l’une d’entre nous remarque que quand on reprenait notre respiration après avoir ri ça faisait un bruit ridicule, du coup on s’es focalisé dessus, et ça a créé une boucle infernale TRES longue (je pense que ça a duré au moins 45min)
    RIRE > REPRENDRE SA RESPIRATION > BRUIT RIDICULE > RIRE etc etc

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  2. elle est pas drôle non plus mais qu’est ce qu’elle m’avait fait du bien

    mon père est décédé en janvier, incinéré quelques jours plus tard, l’inhumation prévue en juillet pour cause de famille dispersée aux 4 coins du monde.

    j’explique donc la situation à ma meilleure amie, qui a dû zappé quelques secondes que mon père reposait sagement dans une urne. Et me demande donc ce que nous allons faire du corps pendant ce long laps de temps. Précisons que je viens d’un coin de campagne profonde où il y a plus de sangliers que d’habitants.
    Et donc moi de répondre :
     » Ben, à la cave, à sécher avec les patates »
    Elle m’a regardé d’un air tellement ahuri, se demandant si c’était du lard ou du cochon, que je suis parti dans un fou rire d’une bonne dizaine de minutes et que ma culotte s’en souvient encore 😀

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  3. J’ai tellement ri en lisant vos anecdotes !
    Dernièrement, j’essayais de raconter à un proche les mésaventures d’un collègue, avec qui nous avions entrepris de personnaliser un tee-shirt pour une formatrice que nous aimions bien.
    En relatant le truc, je me sentais un peu comme Phoebe, dans Friends (https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/564x/78/34/a6/7834a63168f3db6fd273ce6a668e5d3e.jpg).
    Donc. Le but était de floquer le visage de notre PDG sur le vêtement (AHAHIHAHOH, j’éclate déjà de rire en lui racontant ça) et c’était ce collègue, le seul à avoir chez lui le matos nécessaire, qui devait s’y coller. À distance, avec d’autres personnes dans le coup, on suit l’évolution du truc sur WhatsApp (AHAHAHAH, attends, je reprends mon souffle, AHAHAHAH, je répète 3 fois le truc)… jusqu’à ce que le collègue nous annonce à 23h00 passées que le flocage a totalement foiré (AHAHAH, ATTENDS, TU VAS VOIR (le mec n’en peut déjà plus de moi, mais rigole quand même en me voyant rire…))… Le voici qui nous annonce : « Bon, bilan, le tee-shirt est foiré, et j’ai la gueule de **** sur ma planche à repasser. » (AHAHAH, TAS ENTENDU ?! LA GUEULE DE **** FLOQUÉE SUR SA TABLE À REPASSER). Le tout étant accompagné d’une photo du foirage qui me fait littéralement pleurer de rire, pendant que l’autre me regarde à moitié gêné.
    Mais je vous jure que c’était drôle, dans ma tête.

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  4. Moi c’est pas drôle du tout mais mon plus gros fou rire c’était dans le bus avec une pote quand on a enlevé nos chaussures. L’odeur atroce nous a fait rire bêtement et le bruit de phoques attardés qu’on produisait a renforcé le côté ridicule de la situation. On était en voyage scolaire et on a repartait régulièrement en fou rire d’autant plus qu’une prof dormait juste devant nous et qu’on mettait de temps en temps nos pieds près de son nez pour rigoler. On est crades.

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  5. Un weekend, j’étais en voiture avec mon mec et chargée de jouer les co-pilotes en Normandie, sauf que je m’étais trompée de nom en cherchant le bled de destination sur le GPS. Donc on se perd, on se prend le chou, et là mon mec s’écrie « et bah voilà avec tes c*nneries maintenant on se retrouve à… On se retrouve à *regarde le panneau* Flipou ».

    Là on se regarde. On répète « Flipou ». On fait genre on est encore fâchés pendant une demi-seconde avant d’abandonner et de se tordre de rire en hoquetant « FLIPOU ».

    Flipou est devenu une private joke entre nous à présent.

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  6. Purée tu m’as tuée avec cet article, j’étais pliée parce que je me suis pris le même délire sur cette réplique. Genre « c’est pas drôle, mais en fait si, mais non » et repartir à en rire de plus belle!! Donc merci pour cette piqûre de rappel à propos de cette épique réplique de notre ami Obélix. Si mes souvenirs sont bons, c’est même « c’est pas moi, c’est mes Venoux »

    Continue ce blog à fond, tes articles me font tantôt rire, tantôt presque pleurer mais surtout font écho à l’état d’esprit dans lequel je suis actuellement!
    Au passage, merci pour le tweet suggérant de regarder Cuckoo, je l’avais ratée vues toutes les séries que je suis, et franchement c’est à mourir de rire!!!

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  7. Il y a peu avec un ami… on cause réincarnations et chemin de vie. Il est dans une phase où il est faché contre le grand barbu. Il regarde alors le ciel et dit: « Na mais sérieux??? J’ai pas fini de revenir? Pasque bon, c’est bien beau d’être incarné et de faire le bien autour de toi. Mais cette enveloppe mortelle la…. Les bruits du corps, les obligations de la tuyauteries, et l’amour?? ah bein parlons en! on croit que c’est beau, expérience mystique tout ça. Mais en fait on ne fait que se secouer brutalement en attendant de se vider. c’est d’un ridicule! Tu parles… Ca?? de l’erotisme!??  »

    —> larmes de mascara… ^^

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  8. Mon plus gros fou rire en fait ils sont plusieurs. Il faut savoir que j’ai un mega problème d’endorphine, je sais pas pourquoi mais mon cerveaux sur-réagit si bien que chaque moment de joie et bonheur où je secrète cette hormone ce transforme en crise de rire… Le problème survient quand au lit je fais un câlin avec ma moitié. Je me retrouve dans ses bras, bien lovée et là immanquablement au bout de 5 minutes je me tape un fou-rire à m’en faire mal au côte et à ne plus respiré juste parce que bah… je suis contente d’être dans ses bras. Bilan mon copain me qualifie de droguée aux endorphine et moi je termine toujours mes câlins avec des crampes à l’abdomen.

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  9. Mon plus gros fou-rire s’est passé dans des conditions un peu similaires à celui d’Aurélie.
    Ma grand-mère (la seule que j’aie connu), avait demandé à être incinérée et répandue dans un jardin du cimetière.
    Je vous passe les étapes intermédiaires.
    L’employé du crématorium arrive sur le gazon, tout la famille se place hors du gazon à distance respectueuse.
    Et là, il sort le machin qui sert à répandre les cendres. J’étouffe difficilement un éclat de rire, ma tante (qui a le fou-rire facile) me demande ce qu’il se passe. Donc je lui explique difficilement, que c’est l’espèce de gros tamis à sucre en poudre dont ils se servent qui me fait marrer. Là, je la vois se retourner, regarder l’appareil et se mettre à littéralement pleurer de rire. Quasi tout le reste de la famille nous jetait des regards noirs et ça ne faisait qu’entretenir notre fou-rire.
    J’ai été libéré, toujours triste d’avoir perdu une personne à laquelle je tenais énormément, mais plus « assommé » par cet état de fait.

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