Je te raconte ma vie

« Mais tu passes ta vie au lit ou quoi ? »

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© Malcolm T. Liepke

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont au moins deux certitudes à mon sujet :

  1. J’ai un chat,
  2. Je passe beaucoup de temps dans/sur mon lit.

Il ne suffit pas de me suivre depuis longtemps pour en arriver rapidement à ces deux conclusions. Régulièrement, on me fait des petites vannes à base de métaphores animales (marmotte, loir, paresseux et autres dormeurs notoires) et on me demande si je vis dans mon lit, parce que la majorité des photos et autres snaps que je poste ont effectivement mon pieu comme décor principal.

La vérité, c’est que oui, je passe beaucoup de temps au lit. Beaucoup trop. Mon lit, je le retrouve pour dormir (jusqu’à midi et souvent deux heures de plus l’après-midi), pour travailler (mon bureau ne me convient pas, je ne suis jamais assez bien installée nulle part), pour regarder les dizaines de séries que je suis assidûment (souvent sans trop savoir pourquoi je les regarde encore), pour écrire, réfléchir, ressasser, pleurer, et surtout, pour éviter le reste.

C’est ma planque, ma cachette (j’ai écrit « chatte » au lieu de cachette, déformation professionnelle), ma caverne. Quand je suis dans mon lit, rien ne peut m’arriver, pas même le quotidien. Les jours passent et se ressemblent et toute ma semaine a des allures de dimanche. C’est une torture de m’en extraire et d’affronter le reste, de prendre conscience de mes responsabilités, de mon corps mobile et vivant, abîmé par des soucis de santé qui m’angoissent mais dont je peine à m’occuper parce que le verdict me fait trop peur.

Quand je sors de mon lit, je suis à poil. Même dans mon jogging informe et mon t-shirt délavé, je suis à poil. Je suis sale, je sens mauvais, j’ai les cheveux emmêlés, la peau terne, je suis laide et repoussante et je ne veux pas que le monde puisse me voir. Alors je reste au lit, parce que sous ma couette je ne vois pas mes membres imparfaits, je ne vois pas d’avenir, je ne vois pas de lendemain. Tant que je dors, tant que je me lave le cerveau avec des histoires qui défilent sur mes écrans, je ne vis pas moi-même et je ne risque rien.

Dans mon lit je ne vis qu’une partie de mes échecs, et je peux en éviter la majorité.

La dernière fois que j’ai vu mon psy, avant qu’il parte à la retraite, il m’a laissée sur un dernier verdict : « Vous souffrez d’une forme sévère d’évitement phobique ». C’était il y a presque un an, et depuis cette phrase résonne dans ma tête comme une excuse au reste. « C’est pas ma faute, je suis malade, je suis dépressive, et je souffre d’évitement phobique, c’est marqué sur mon étiquette, j’y peux rien ». Je ne peux pas changer mes ingrédients, parce que ça demande des efforts et du travail et que je n’ai plus l’énergie de rien. Je n’aime plus grand chose, depuis quelque temps. À part des gens, bien sûr, et c’est déjà énorme.

Mais le constat est assez triste – je n’aime plus grand chose, à part mon lit. J’aime dormir, me coucher, me lover dans mes draps, avec mon chat, mon ours en peluche (celui que mon père m’a offert quand j’avais 3 ans et qui, depuis sa mort, est devenu ma bouée de secours quand je dois me coucher seule et que j’ai la trouille d’éteindre la lumière et de laisser la journée s’achever). Je me laisse bercer par les histoires des autres et je laisse mes jours défiler sans chercher à les arrêter. Quand j’arrive à me lever et à faire une sortie et deux ou trois corvées ménagères, j’ai l’impression d’avoir surpassé toutes mes attentes et j’attends ma fanfare – mais l’attente est longue et épuisante, alors en attendant je retourne me coucher.

Je ne vis pas dans mon lit, je vis pour mon lit. Pour le sommeil, pour l’oubli, pour les pauses et l’arrêt de tout, pour ne plus penser, pour ne plus ressentir, pour ne plus pleurer et ne plus souffrir.

Chaque jour je me fais des promesses, j’en fais à mon mec qui ne comprend pas, j’en fais à ma mère qui comprend un peu mieux mais qui aimerait tellement que ça cesse. Je promets d’aller mieux, je promets de me bouger, de me lancer, de travailler, de faire toutes ces corvées administratives qui m’attendent, de conquérir le monde, d’aller chercher de l’argent, même si je ne sais pas encore où creuser. Chaque soir, je me prends le visage entre les mains et je me dis que cette fois c’est la bonne. Je mets un réveil, pas trop tôt, pour y aller progressivement, et je jure que je sortirai du lit dès que la sonnerie retentira et que j’irai prendre mon café à mon bureau ou sur mon canapé au lieu de retourner le boire sous ma couette.

Chaque matin, j’éteins mon réveil et je me rendors. Je le laisse sonner toutes les neuf minutes et je l’éteins à nouveau, pendant une heure, deux heures. Je finis par accepter d’ouvrir les yeux et j’attrape mon téléphone pour faire dix fois le tour des réseaux sociaux en attendant d’avoir le courage de sortir du lit et de ressentir à nouveau toute mon immondice s’éveiller avec moi. Et une fois que je suis sortie, la haine et le dégout reprennent le dessus et à nouveau, je me déteste.

J’évite les miroirs comme j’évite le reste de ma vie et je fuis le plus longtemps possible, jusqu’à ce que ma crasse devienne insupportable et que je me sente forcée de me jeter sous une douche trop chaude et trop longue. J’en sors toujours en pensant me sentir mieux, et quand je me regarde à nouveau dans le miroir pour m’hydrater et me maquiller, j’ai envie de cracher sur mon reflet tant il me répugne – même propre je me trouve sale, souillée, abimée.

Très vite, la fatigue reprend le dessus, et je passe le reste de ma journée à peser le pour et le contre entre la productivité et l’appel de la sieste. Je finis presque toujours par céder, convaincue que je ne pourrai de toute façon rien faire de productif en étant aussi fatiguée, c’est bête, il suffirait d’une petite sieste et tout irait bien mieux après. Alors je retourne me coucher, je mets un réveil, et quand il sonne j’appuie de nouveau sur snooze et je le laisse sonner toutes les neuf minutes jusqu’à ce que je ne supporte plus les palpitations et le bruxisme qui m’épuisent dix fois plus. De nouveau, j’attrape mon téléphone et de nouveau, je fais le tour des réseaux sociaux, et quand j’ai enfin la force de sortir du lit, le soleil se couche et je me promets de m’y mettre le lendemain, pour de bon cette fois, ce sera la bonne, promis.

Je ne trouve pas de répit parce que je ne vois que de la laideur et de l’échec partout. Chez moi je baigne dans mes manquements, et dehors tout le monde me dévisage et lit la défaite dans mes yeux, c’est sûr, et ils voient bien que je suis immonde et inutile, j’en suis certaine, parce que c’est impossible de l’ignorer.

Je refuse les sorties parce que je refuse de répondre aux « Quoi de neuf ? » et autres « Qu’est-ce que tu deviens ? ». On m’engueule quand je réponds « Pas grand chose » parce que c’est pas vrai, je fais des choses, des choses bien même, et puis j’ai quelques trucs sur le feu, hein ? Mais je vois bien dans le regard des autres que je n’ai pas grand chose à apporter et que je ne projette que de la laideur partout où je fous les pieds.

Évidemment que la partie rationnelle de mon cerveau parvient à voir à travers toutes ces pensées et ces projections, évidemment que je sais que ce n’est pas vrai, évidemment que ma vie n’est pas si nulle et que moi non plus, d’ailleurs, et que je fais aussi des trucs chouettes. Mais 80% du temps, je suis seule avec mes pensées et mes voix qui me répètent que je suis la dernière des merdes et que ma vie ne va nulle part et que bon, bah, à quoi bon, après tout ? Tout le monde se porterait mieux si je n’étais pas là.

On voit bien que mon ego se met en travers de mon chemin même quand il s’agit de me tirer vers le bas, et que je donne tellement d’importance à mes états d’âme qu’ils s’attirent toute l’attention dans mon imaginaire alors que je ne suis qu’un être au milieu de milliards d’autres qui ont autre chose à foutre que de décrypter le moindre de mes traits et de mes faits et gestes. Mais j’ai été seule avec moi-même si longtemps que je ne suis toujours pas habituée à vivre avec les autres et à sortir de mon nombril suffisamment longtemps pour me laisser vivre.

J’ai créé une immense pellicule visqueuse qui recouvre tout mon corps et m’empêche de bouger, de respirer, de penser librement. Je suis prisonnière de mes propres névroses et j’attends toujours qu’une main descende du ciel et me ramasse en m’offrant tout ce dont j’ai toujours rêvé et en réglant tous mes problèmes – mais ça ne peut venir que de moi et je n’arrive toujours pas à digérer ma colère face à ce constat. Je ne veux pas de cette responsabilité parce que je refuse de m’occuper de moi, en ce moment. Je refuse de me bouger le cul, de le botter, de le secouer, et de m’en sortir les doigts. Je veux que mon cul continue à fondre sur mon matelas, qu’il s’y enfonce et emporte mon corps tout entier, je veux disparaître et ne faire qu’un avec mon lit.

Parce que je n’ai pas la force de me battre et que je n’arrive plus à trouver les ressources nécessaires pour reprendre les armes, me relever, encore une fois, et repartir au combat. J’ai envie d’une pause, mais je n’en ai pas besoin. J’ai besoin de vivre, de réussir, d’avancer, de célébrer, d’être satisfaite de mon quotidien mais j’ai envie de hurler quand je pense ne serait-ce qu’à mettre un pied dehors, à parler à quelqu’un, faire la fête, voir des amis, faire des sorties, j’ai envie de hurler, de vomir, de me rouler en boule et de retourner au lit.

Ce n’est pas la première fois, sûrement pas la dernière, et je suis fatiguée, fatiguée d’être fatiguée, épuisée par les efforts que ça me demande d’éviter et d’affronter en même temps, et je voudrais juste qu’on me foute la paix. Mais qu’on ne me laisse surtout pas toute seule. Je n’arrive pas à faire les bons choix, je les vois, je les connais, je les comprends, mais je n’y arrive pas.

Alors en attendant, j’évite, jusqu’à ce que j’arrive à redonner un coup de collier pour repartir, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement.

53 réflexions au sujet de “« Mais tu passes ta vie au lit ou quoi ? »”

  1. Alors je ne sais pas trop ce que veut dire « évitement phobique » mais ça doit pas être marrant. Je préfère les trucs qui se terminent en « bite » plutôt qu’en « bique ».
    Parfois, je me sens lourde et nulle. Et j’aimerais être une pierre ou un caillou. Pas de conscience, pas de besoins, pas de nécessité d’être au monde. Non, juste un truc dur qui roule et gravillonne dans un lit de rivière.
    Pour ne plus ressentir, ne plus entendre, ne plus ressasser.
    Quand je suis comme ça, je me laisse du temps. Je décroche de la réalité, je m’enferme autant de temps que faire se peut, je me laisse couler loin et puis, quand je le sens, je remonte.
    C’est pas la meilleur des solutions mais c’est la seule qui me convienne.
    Je te souhaite plein de courage, continue à faire tes trucs chouettes et positifs, le moment de sortir de cette impasse léthargique te choisira.
    En attendant, des bisous <3<3<3

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  2. C’est peut être con mais, du fond de ton lit, tu me fais sentir moins seule (moi c’est le canapé, il me casse le dos, mais j’ai un plaid avec des fusées et des astronautes, alors ça va).
    J’ai la même voix dans la tête, qui me répète que je suis une sous merde, bonne à rien, peut être que c’est ta voix qui parle dans ma tête et la mienne dans la tienne, on sait pas, mais j’aime bien me dire ça parce que je serais probablement plus indulgente avec cette voix si c’était la tienne.
    Même si, ben en vrai, j’ai pas trop envie de la contredire cette voix, elle a l’air de savoir ce qu’elle dit, et puis, ça voudrait dire devoir se lever du canapé, donc bof bof.

    Enfin bref, pensées et bises fortes de compassion ❤

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  3. Je me retrouve tellement dans ce que tu écris !! Tu écris vraiment bien, ton texte est plein de vérité, c’est extrêmement touchant, j’ai l’impression que tu as su écrire ce que je ressens mais que je n’arrive pas à formuler (ou que je ne veux pas formuler ?) Merci beaucoup pour ce beau témoignage, et surtout, plein de bisous de courage !

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  4. Je pense qu’on a le sentiment d’être seuls dans cette situation, mais en fait, non… Je propose donc une grosse réunion avec plein de matelas et de plaids pour tout ce monde (parce que c’est mieux à plusieurs) ❤

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  5. La couette c’est doux, beau, confortable. Je pense toujours à approvisionner mon lit en draps propres qui sentent bon, même quand je suis moi-même une grosse touffe de poils emmêlés, qui a parfois sérieusement besoin d’une douche (un comble, mon lit présente mieux que moi). Je pense que mon lit est aussi l’épicentre de ma vie, mais figure toi que j’ai essayé la PNL (programmation neuro linguistique), et qu’il m’arrive de parvenir à m’arracher des draps en faisant des choses de hippie (mais pas que) grâce à çà. Je pense que cela pourrait te plaire. Dans tous les cas, force et courage à toi.

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  6. Je te suis sur snapchat (et pas mal d’autres réseaux sociaux aussi #stalker, hum), j’aime bien tes stories, même si ça fait un peu voyeur de dire ça, enfin après tout, c’est le principe du truc non? Enfin bref, je pensais pas que sous ta petite bouille se cachait autant de douleur, enfin, j’sais pas trop comment appeler ça.
    Les mots de cet article ont un peu résonné en moi, parce que je m’y identifie un peu, je comprends certaines choses, je compatis. J’aimerais bien pouvoir te faire un gros câlin et te donner la petite pichenette qui pourrait remettre les choses en route mais on sait bien qu’en réalité il n’y a que toi qui puisse.
    Il y a quelques jours, je me suis refait l’intégrale de Bref, et je suis retombée sur l’épisode Bref j’ai fait une dépression et, je sais pas, c’est comme s’il avait rallumé une petite bougie au fond de moi, un peu comme un léger souffle d’oxygène, qui t’aide à t’accrocher un peu plus longtemps (c bo). Tu dois sûrement l’avoir déjà vu et tout, mais ça fait toujours du bien de le revoir, peut-être que ça pourrait te faire quelque chose à toi aussi.
    Enfin quoiqu’il en soit, sache que tu as une fidèle supporter out there, qui te suit timidement, parce que même sans te connaitre, je t’aime bien, j’aime bien te lire, toutça toutça.
    Des bisous, du courage, et du chocolat. Coucou à Oscar!

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  7. Je me reconnais tellement dans ton texte. La responsabilité de son propre mieux être alors qu’on aimerait confier cette tâche à quelqu’un d’autre. C’est pas de ma faute si je suis comme ça donc c’est pas à moi de faire un effort, c’est pas juste…

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  8. Ça me fait peur de voir qu’on est aussi nombreux dans ce cas, dans cette tristesse et ce mal être.
    Parfois je me sers de l’excuse de « notre génération est perdue » pour expliquer que à 24 ans je suis dépressive, avec des troubles sévères de l’anxiété et une capacité à m’enfermer dans ma bulle plus vite que la lumière.. Mais on est pas tous perdus heureusement.
    Il faut garder espoir et se dire qu’on va y arriver nous aussi ! Tous ensemble on peut le faire 🙂
    Mon mantra c’est « un pas à la fois » (je partage avec toi, avec vous; peut être que ça vous aidera)
    De gros bisous et pleins d’amour a tous ❤ C est tout ce dont on à besoin

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  9. Bonjour, c’est la première fois que je poste un commentaire sur un blog, ton article/essai/écrit thérapeutique m’a touché, car je suis dans le même cas de figure que toi. Qu’il est difficile de se lever tous les « matins » en se disant qu’aujourd’hui c’est la bonne, qu’on va réussir à se coller aux exigences de la société. C’est surtout difficile de sortir du cercle vicieux une fois qu’on est ancré dedans, plus le temps passe, plus c’est compliqué. N’oublie pas que tu es jeune, c’est bien sur plus facile à dire qu’à faire mais fait en sorte de ne pas regretter de faire, ou de ne PAS avoir fait. Et ne culpabilise pas d être toi même avec tes propres difficultés, tu es toi, le monde doit l’accepter, et tu les emmerdes. Ne t’empêches juste pas de vivre à cause de la pression de la société, tout le monde mérite de vivre sa vie. Paix love peace arrivederchi

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  10. J’ai connu ça…
    On en sort.
    Choisir de ne plus écouter les « je suis sale » parce que, en étant réaliste, la saleté n’est pas sur toi mais sur la personne qui a provoqué cette impression.
    Ce qui m’a remis sur les rails : le temps.
    Non je ne suis pas obligé de faire « ce truc » et l’autre aujourd’hui alors que ça me coùte une énergie folle.
    J’ai commencé par 1 seul truc par jour.
    Jusqu’à ce que l’habitude et l’expérience me permette de ne plus me sentir crevé en le faisant.
    Puis un autre.
    Puis un jour j’ai réussi à retourner bosser.
    Me lever, metro, bosser, rentrer, diner et me coucher tout de suite après.
    je ne pouvais rien faire d’autre.
    Mais j’ai le temps.
    J’ai pris le temps de ne plus me sentir claqué.
    J’ai recommencé à trainer sur FB même après une journée de boulot.
    J’ai accepté qu’ à un moment je n’arrivais même pas à aller prendre ma douche alors que j’avais toute la journée.
    J’ai accepté d’apprendre à aller prendre une douche.
    Même si c’est « normal » pour le reste du monde.
    En faisant, une chose, puis une autre, en conservant à distance l’anxiété, j’ai retrouvé mon énergie que je possédais avant « ça ».
    Ce n’est pas facile.
    C’est long.
    Mais j’ai évolué.
    Et comme tu n’es pas bête tu va le faire aussi.
    Bon courage, Patience.

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  11. Que dire pour que ça aille mieux? J’en sais trop rien. À part des, courage, t’inquiète ça va passer, en fait j’ai commencé à écrire alors que je ne sais même pas quoi te dire. J’t’aime bien Jack, et ça m’fait de la peine de te savoir tristounette. je t’ai découvert grâce à une photo qui trainais sur Facebook, j’me suis dit une meuf qui porte une casquette tortue Ninja en buvant un verre avec Michelangelo c’est grave la classe 😉 alors jai liké la page et j’ai trouvé une femme super cool qui raconte tout et n’importe quoi, mais surtout un tout qui est toujours intéressant. J’imagine que comme tout ceux qui te suive (suivent? ent ou pas à la fin ? Je sait même pas écrire correctement 😦 le con j’ai été plus loin que le cm2 pourtant…. Enfin bref) comme nous tous qui te suivons j’imagine, on s’est attaché à toi, alors ca nous fait chier de te voir mal. Si il faut chanter la positive attitude de lorie pour que tout baigne on le ferra tout les jours si il le faut. J’ai connu ça les galère canapé devant la télé. Enfin galère pas vraiment c’est cool de matter la téloche ,c’est même grâce à elle que je me suis sortie de cette sorte de déprime du solitaire 🙂 le cinéma est un remède qui marche bien pour la déprime. Bon si tu part sur les visiteur 3 là je garantie pas la guérison mais un bon Jeff Bridges avec ca hop là zénitude apparais direct c’est magique 😉 enfin ce message ne sert pas vraiment à grand chose, à part te faire perdre quelques minutes avec, mais en gros faut qu’tu raccroche Jack !!!!! On est avec toi !!!! On t’kiffe nous 😉 ce trop long message raconte du n’importe quoi mais c’est pour te dire que quoi qu’tu fasse nous on est avec toi et si tout les matin tu veut « un bonjour Jack la journée est belle ca va être cool today » bas on en balancera des tonnes sur tes murs Facebook, Twitter, et j’sais pas trop quoi d’autre mais on sera là tel des rats de bonne humeur pour te contaminer de bien être (ca veut rien dire je sais mais trop tard c’est écris ^^) en tout cas prend soin de toi, et garde la patate 😉 et une femme qui aime les tortue Ninja dit toi bien que c’est une femme merveilleuse 😀 ha ha bises bises <— en fait ca c'est des bisous pas le bruit d'une abeille hein 😉

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  12. ça me frappe en plein coeur ce que tu écris là, Jack, j’ai l’impression qu’il y a du moi dedans, et ça fout une claque. de l’amour, et du courage. ❤

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  13. J’ai vécu la même chose il y a quelques années. Le lit, le cocon, la caverne comme tu le dis toi-même, là où il ne peut rien arriver de trop méchant, où le temps s’arrête, une hétérotopie.
    Le fait est que la motivation pour sortir du lit dans tous les sens du terme est importante mais cela dépend aussi de si tu te sens prête à affronter cette chienne de vie qui gronde dehors, si tu penses être ou es dans un état d’esprit propice. Ça peut mettre du temps à venir, mais dès que tu te sentiras prête, là il faudra y aller, même si ça fait très peur et que de nombreux facteurs sont réunis pour te faire chier. Tu es pleinement consciente de tout ça et c’est déjà énorme, en vérité. Tu peux t’en sortir, il faut te donner du temps, va à ton rythme. C’est loin d’être facile, mais je te promets, je te jure que c’est faisable et tu seras fière de toi. En attendant, prend soin de toi et courage! Ton armée de fans t’aime fort, te soutient et sera là pour les pyjamas party ou encore pour se couper du monde sous une couette en ta compagnie ❤

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  14. J’ai vécu ça, moi aussi, à une période (Je ne dirait pas qu’aujourd’hui, tous mes problèmes se sont résolus, mais il y a quand même un progrès), alors je comprends ce que tu ressens. J’aimerais te dire de ne pas culpabiliser, et qu’on finit toujours par s’en sortir, mais je sais par expérience que ce n’est pas si évident.
    J’aime beaucoup lire tes textes, car je m’y reconnait assez souvent. Et puis en te lisant, je me dis que j’aimerais beaucoup te connaître personnellement et discuter de plein de choses (féminisme, films d’horreur, années 90, chats) avec toi. Tu vas peut-être trouver ça bizarre, chaque fois que tu publie un de tes textes, c’est un peu comme si j’avais des nouvelles d’une vieille copine et je suis contente !
    Tu ne fais pas rien en restant dans ton lit. Tu créé plein de choses, et peu importe si elles restent dans ta tête ou non. Moi, quand je suis sous ma couette, je rêve à énormément de choses, même lorsque je ne suis pas endormie. Tout un monde se dessine, tout un univers, et ce peu importe le nombre de pensées négatives que j’ai. Tu as fait énormément de choses depuis que je te connais, et tu mérites de chiller toute la journée si tu le souhaites, avec ton chat trop mignon !
    Plein de câlins en sucre non-oppressifs pour toi ❤

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  15. Wow. C’est extrêmement courageux d’avoir écrit tout ça. Comme beaucoup de personnes qui ont commenté avant moi, je reconnais une période de ma vie dans ce que tu décris. Et cette tendance à me réfugier dans mon lit ou dans mon canapé encore aujourd’hui. Cette souffrance à me sortir du lit certains jours pour aller bosser, alors que je resterai bien toute la journée engloutie sous ma couverture de petite fille, encore et malgré tout aujourd’hui.

    Je ne sais pas s’il y a des conseils à donner dans ces cas là… J’ai juste envie de te dire que, parfois, le « sauve-toi toi même » ne fonctionne pas ou pas très bien ou pas assez vite… et en fait, dans mon cas, je sais que la remise en route s’est faite grâce à des personnes en particulier. Qui sont venues me chercher et me tirer des sables mouvants de ma couette.

    Je vois ton texte comme un appel à l’aide beau et honnête, et aussi comme une façon de te regarder droit dans les yeux. Et ça déjà, c’est pas si mal non ?
    Courage, peut-être que tu as juste besoin de te laisser bercer par quelqu’un, un peu, avant de te relever. Tu te prépares peut-être dans ta chrysalide pour une nouvelle naissance…?
    ♥ ♥ ♥

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  16. Ça me redonne un peu courage de voir que je ne suis pas la seule à passer ma vie au lit pour ne pas sortir me confronter au monde. A me dire que je pourrais faire quelque chose de ma journée, écrire mon mémoire qui n’avance pas d’une ligne depuis des mois alors que je passe mon temps sous la couette à manger et survoler des séries. Parce que je ne m’en sens pas capable. Que ce sera forcément nul alors que le sujet est cool. En tous cas, merci.

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  17. Prends le d’une ancienne dépressive qui essaye toujours de se convaincre qu’elle n’est pas la plus grosse merde que le monde n’ait jamais enchanté.
    J’ai tenté de mourir dans mon lit, en refusant de m’alimenter, en refusant de boire, je me levais à peine une fois par jour pour aller aux toilettes…
    Je n’ai pas trouvé la formule magique. Je fume toujours joint sur joint pour aller me coucher. Je pense toujours que je n’arriverais strictement à rien – et surtout, je n’en vois pas l’utilité.
    Par contre, il y a un truc qui m’aide beaucoup, c’est de m’en foutre entièrement. Je sais pas si c’est particulièrement sain, mais vu que j’ai toujours été dans l’incapacité de me dire que je ferais quoi que ce soit de bien, j’ai embrassé mon statut de petit caca sur pattes. Et je fais les mêmes choses que les autres, avec des attentes de merde, parce que je suis une merde. Et au début ça fait chier mais faut juste le faire et pas penser.
    Il est écrit nulle part que les merdes ne doivent rien faire.
    En fait, maintenant, je suis super fière d’être une merde. Au moins je pue pas l’auto-suffisance quand je réussis quelque chose. Et vu que je m’en tape du résultat, c’est assez contre-intuitif, mais j’arrive à quelque chose. Si t’as pas d’attentes envers toi-même, tu ne peux te décevoir. Et ça me tient éveillée, au moins, je ne m’ennuie plus.
    Je sais pas si ça aide (sûrement pas), mais je suis avec toi. Tu n’es pas la seule. Je suis sûre que tu réussiras à t’apprivoiser.
    Et garde en tête que ceux que l’ont doit apprivoiser sont généralement des personnes intéressantes, ayant besoin de plus que du train train quotidien pour se sentir exister… 😉

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  18. C’est la première fois que je te lis. C’est purement le hasard qui me fait découvrir ce blog (?), mais on s’en fiche. Merci Facebook.
    Ces mots, je les ai écris. J’ai craché mon dégoût et mon abîme sur un clavier. Le désespoir était encore trop cohérent comme sentiment, je n’avais plus de sens, plus de pensée ordonnée.
    Je sais ce sentiment d’être dans un ravin, une abîme profonde, noir d’encre, de ne voir aucune issue. Et limite de s’y complaire, parce qu’une éventuelle issue, c’est devoir se voir, soi et tous ses problèmes, affronter le monde. Le monde que les gens ont l’air de gérer si facilement. Quel poids énorme sur la poitrine.
    Ma petite voix haineuse à moi était aussi bien rodée, relent d’un harcèlement moral long et bien organisé.
    C’est tellement bizarre d’écrire tout cela aujourd’hui. Pas parce que ça me semble loin, mais au contraire parce que je m’étonne de ne plus y être.
    Je ne m’en suis pas sortie facilement. Je me suis piégée. J’ai tout d’un coup été voir une psy. Le travail a été long, et j’ai du éclairer mon abîme de noirceur pour y voir les démons qui l’habitaient. Douloureux. Plein de chutes. Il y a deux ans, jamais je n’aurais cru y arriver.
    Je le faisais plus parce que sinon, au fond de mon lit, j’allais étouffer, cernée par tant de noirceur. Alors je crois qu’au début j’ai fait un peu semblant.
    J’ai aussi découvert que je soufrais du syndrome de l’échec. Ça a été un soulagement. Je ne suis pas totalement folle. D’autres agissent comme moi, ça a même un nom.
    Maintenant, mon abîme est éclairé. J’ai abattu les murs qui le composaient. J’ai mis de l’ordre dans ces démons. Je les ai vaincus. Cette ancienne noirceur me donne la force d’affronter le monde. Elle a laissé une marque sur moi, je suis une combattante maintenant. Je n’ai pas un mental d’athlète de haut niveau, mais maintenant je me dis « j’y ai survécu ».
    J’aime toujours autant mon lit. Mon plaid dans le salon. Et dormir. Je crois que j’ai du être un chat dans une autre vie. Mais maintenant, comme je fais des choses, j’ai le « droit » de dormir, d’être fatiguée, de grassematiner! Je suis légitime.
    Force à toi qui affronte tes démons. Trouve ta colère, c’est elle qui m’a aidée à affronter les miens.

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