Montée de sève

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© Polly Nor

J’ai récemment appris que, comme les arbres, certaines personnes ne survivaient pas toujours à la montée de sève qui accompagne le printemps. La renaissance, le renouveau, le changement de climat et d’ambiance, tout est trop brutal et ajoute une pression supplémentaire qui pousse à culpabiliser dix fois plus si on est pas heureux. C’est pour ça que le taux de suicide est plus élevé au printemps qu’à l’approche des fêtes, comme on pourrait le croire, par déduction logique.

Chaque année, je ressens cette montée de sève, et chaque année, elle se fait avec douceur et chaleur, je la sens se propager petit à petit dans mes veines, au rythme des températures. Ça fluctue, ça accélère d’un coup, puis ça ralentit, le temps que je m’y habitue, jusqu’à ce que ça finisse par se stabiliser et que mon humeur en fasse de même. Cette année, c’est différent.

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En 2006, Lindsay montrait sa chatte et j’étais une connasse

britney-paris-1024

En janvier 2006, j’avais 18 ans. J’étais en route vers ma dernière année en « teen », à l’âge où toute personne au parcours à peu près normal se dirige vers la fac et sa vocation (quitte à effectuer quelques recalibrages en cours de route, mais toujours avec un pied dans un établissement scolaire). Sauf que moi, à 18 ans, j’étais au plus bas de ma dépression, je vivais en jogging et en t-shirt XXXL et je passais littéralement mes journées entières sur internet pendant que ma mère était au boulot.

Quand elle rentrait, je m’empressais de me donner l’air à peu près habillé et de faire la vaisselle pour qu’elle pense que j’avais eu une journée productive, et je lui parlais de toutes les annonces de boulot auxquelles j’avais postulé ohlala, tellement, c’est sûr cette fois je vais avoir au moins une réponse positive. Ça, c’était dans mes meilleurs jours. Dans les pires, elle me retrouvait aussi sale qu’au réveil, voire un peu plus, avec de la vaisselle jusqu’au plafond, et les yeux cernés et rougis par l’écran d’ordinateur.

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« Mais tu passes ta vie au lit ou quoi ? »

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© Malcolm T. Liepke

Celles et ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont au moins deux certitudes à mon sujet :

  1. J’ai un chat,
  2. Je passe beaucoup de temps dans/sur mon lit.

Il ne suffit pas de me suivre depuis longtemps pour en arriver rapidement à ces deux conclusions. Régulièrement, on me fait des petites vannes à base de métaphores animales (marmotte, loir, paresseux et autres dormeurs notoires) et on me demande si je vis dans mon lit, parce que la majorité des photos et autres snaps que je poste ont effectivement mon pieu comme décor principal.

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Dépaysement

Blesle13

Ça fait environ un an que je répète très régulièrement (souvent plusieurs fois par jour) à quel point je rêve de campagne, de forêt, de champs, de petit village perdu au fin fond du trou du cul du monde. Et ça fait autant de temps que j’attends de trouver l’opportunité d’aller me perdre ailleurs pendant quelques jours, seule ou accompagnée, sans succès.

Il y a bien notre week-end annuel entre potes dans un gîte qu’on se fait chaque été, mais on est quarante-mille et c’est bien trop court pour profiter de chaque carré de verdure qui nous entoure.

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Je ne serai jamais la féministe de vos rêves

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On peut pas gagner à tous les coups. On ne peut pas satisfaire tout le monde. On ne peut pas plaire à tout le monde. Ça vous paraît familier ? Normal, c’est à peu près ce qu’on vous rabâche depuis toujours. Ça s’applique à pas mal de trucs, mais depuis quelque temps moi je me le répète en ce qui concerne « mon féminisme ».

Parce qu’il ne sera jamais au goût de tout le monde.

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